Dans un podcast publié début 2025, Joshua Freedman, Rapaport Senior Analyst , analyse les challenges et les attentes du marché du diamant.
L’année 2024 a été marquée par des défis pour l’industrie du diamant. Une des principales questions abordées concernait la gestion des stocks. Ceux-ci restent à un niveau beaucoup trop élevé, malgré la réduction des achats après la crise de 2023.
Deuxièmement, la traçabilité des diamants a progressé, stimulée par les restrictions européennes sur les diamants russes et les sanctions du G7. Toutefois, bien que ces initiatives aient renforcé la transparence, les consommateurs restent peu impliqués sur l’origine des diamants, comme le montre la table ronde d’experts organisée par RapNet durant le JCK Las Vegas de juin 2024. Le CEO du Natural Diamond Council David Kellie affirme toutefois que ce manque d’intérêt ne signifie pas que la question n’a pas d’importance, mais plutôt que les clients n’ont pas encore adopté cette démarche. En cela, les marques devancent clairement les attentes des consommateurs.
En ce qui concerne l’évolution du marché, l’année 2024 a révélé un changement dans la perception des diamants synthétiques. Leur perte rapide de valeur a suscité un léger regain d’intérêt pour les diamants naturels. Certains détaillants ont signalé une stabilisation des ventes, voire une légère amélioration. Par ailleurs, les marges sur les diamants synthétiques se sont avérées décevantes et continuent de se réduire. De Beers ainsi que des grandes enseignes en Chine et en Inde ont investi dans des campagnes marketing pour raviver la demande mais ces actions ne porteront leurs fruits qu’à moyen terme. La concurrence des diamants synthétiques demeure forte, et leur présence sur le marché continue d’influencer la dynamique des prix.
Pour 2025, plusieurs tendances clés émergent
Revenons sur ces trois grandes questions.
Tout d’abord la gestion des stocks. Les fêtes de fin d’année ont montré une certaine résilience, avec une hausse des ventes de 4 % aux États-Unis selon Mastercard Spending Pulse. Cela pourrait atténuer la pression sur les stocks en début d’année.
En matière de traçabilité, le 1er mars marquera l’entrée en vigueur obligatoire du certificat d’origine pour les diamants entrant dans l’UE (un délai qui pourrait être retardé).
Enfin, face à la montée des diamants synthétiques, l’industrie prévoit un nouveau fonds destiné à financer des initiatives promotionnelles, soutenues par les fabricants et les détaillants. L’esprit de cette mesure est d’inciter chaque acteur du marché à prendre sa part à l’effort. L’objectif est de renforcer l’attrait des diamants naturels et de redynamiser le marché.
L’année 2025 s’annonce donc décisive pour l’industrie, avec des défis à relever et des stratégies à affiner pour assurer la pérennité du secteur du diamant naturel.
Source : Rapaport